lundi 20 mai 2013
La nuit a été tranquille. Je me lève à 6h 30 car il faut que je me bouge pour rattraper le retard : 1 jour et 8 h à récupérer !
Je pars donc à 8h30 après avoir rangé le matériel et bâté Marius.
Je passe près d'une ancienne mine de houille à ciel ouvert vers Grand - Combe. Les mines des Cévennes furent les premières de France, comme on peut le lire ici .
Mais les guerres de religion en ont détruit une bonne partie, et le reste fut abandonné en raison du coût d'extraction trop cher par rapport au charbon importé d'Afrique du Sud. Pourtant, la mine de Grand-Combe/Alès avait atteint un record de production en 1958 avec 3 millions de tonnes. Elle donnait du travail à 20 000 ouvriers de la région.
Je vois aussi la mine de Grand Baume, réhabilitée et mise en sécurité en 2004 et celle de Portes.
Leur fermeture a causé un marasme économique. Les villages sont désertés et on peut voir des anciennes enseignes délavées, témoins de l'activité passée.
Je suis un peu perdu dans les pistes. Les cartes indiquent des tas de chemins dans tous les sens. Ce sont des pistes qui servaient aux camions pour le transport du charbon. Je prends bien soin de lire mes cartes, mais je n'y comprends rien. Des pistes partent de tous les côtés. C'est très difficile de se repérer. Je sors même ma boussole à un moment car je suis paumé dans ces méandres, un vrai casse-tête chinois!
D'ailleurs, je tombe sur une route goudronnée, par hasard, qui m'indique que je suis dans la bonne direction, mais je ne saurais dire comment je suis arrivé là !!
Je croise des gens qui mangent au hameau de Florac ( un autre Florac tout petit) et je pense à leur demander des allumettes ou un briquet car je n'ai plus de feu depuis trois jours.Je mange des salades en boites, je n'ai pas mangé chaud depuis ( sauf dans la famille samedi). J'ai bêtement oublié d'en demander ou d'en acheter dans les villes et villages traversés. Et il faut que je sois en pleine forêt pour y penser !!!!
J'ai bien essayé de frotter fort deux morceaux de bois mais le bois est trop humide ! Je dis ça pour ceux qui me l'ont conseillé, ils se reconnaîtront !!!!!!
Ces personnes me donnent quelques allumettes et une vieille boite. Je vais pouvoir me faire un repas chaud ce soir!
Je suis à Portes, village rasé et reconstruit en 1933 car le sous - sol s'affaissait, en raison d'une surexploitation des mines. Durant la guerre de 14/18, les besoins en charbon était tels qu'on autorisa les compagnies minières à augmenter leurs productions, faisant passer au second plan tout autre considération.
Au lendemain de la guerre, le château et les maisons du village construites à ses pieds, ont été victimes de glissements de terrain et de larges fissures se produisirent.
Le village fut donc reconstruit dans le style de l'époque, près de la N106. Le château, lui, fut abandonné à son triste sort et malgré les efforts des propriétaires, perdit une partie de la muraille et de la toiture.
Je prends donc un petit chemin, et je me trouve face à cet imposant château qui surgit devant moi au bout du chemin. Je suis surpris et très impressionné, d'autant que j'écoutais dans mon casque de la musique médiévale...Grosse émotion ! Comme un retour dans le temps, surtout qu'aucune autre route n'y mène, il me semble...
Je m'installe donc pour manger au pied du château et Marius aussi.
En redescendant, ma cheville me fait très mal. Je m'arrête une heure pour me reposer mais j'ai si mal que je parviens à peine à remettre ma chaussure ! Sacré cheville !!!! Je repars en boitant, tellement que des gens s'arrêtent et me proposent de l'arnica.
Mais dès que je reprends une montée, je n'ai plus mal.
J'ai mal sur le plat et en descente.
Je retrouve le GR 44 derrière le château et nous partons sur une longue piste qui va jusqu'à 3 km de Bessèges. Au début de cette piste, je croise un couple de personnes âgées qui font un bout de chemin avec moi en me racontant leurs souvenirs de grandes randonnées, sur plusieurs jours.
"Avant , nous avions le pied léger, me dit le monsieur, et maintenant, nous avons le pas lourd et des bâtons de marche pour nous soutenir." N'empêche qu'ils marchent encore bien et m'accompagnent jusqu'au col.
Marius, lui, cavale devant. Il est de plus en plus pressé, surtout que le chemin est bon. Et comme il est devant, il se trouve nez à nez avec un 4X4, lui bloque le passage...et oblige le véhicule à reculer !
Je crois qu'on peut dire que Marius est le premier âne à avoir fait reculer un 4X4 !!!!
On discute un peu avec les occupants du véhicule. Mais Marius continue : il marche de plus en plus vite, le bougre !!! Le chemin est joli et agréable : ça doit lui plaire !
Nous traversons la forêt domaniale de Romergue. On y voit essentiellement des châtaigners, puis quelques pins qui sentent le sud. Pour prévenir les incendies, les pompiers ont installé des citernes d'eau un peu partout.
Vers 19 h, nous arrivons à Rochessadoule où "Dédé" ( les bons tuyaux!) qui coupe du bois, me conseille de m'installer sur un terrain communal à côté d'une maison.
Je plante donc ma tente sur ce terrain herbeux (Marius est content). Un riverain qui passe par là me demande ce que je fais, et quand je lui dit que c'est "Dédé" qui m'a conseillé, il est rassuré...
Je ne sais pas qui est "Dédé" mais c'est une référence car le riverain apporte de l'eau pour moi et pour Marius.
Ce soir, je mange un plat chaud ( grâce aux allumettes) et je me fais un bon thé.
Il a fait beau aujourd'hui et j'ai rattrapé mes 8 km !
dimanche 19 mai 2013
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| Petit matin rayonnant |
Départ ce matin vers 10 h, après avoir fait une photo de famille avec mes hôtes qui partent aussi pour la journée.
J'ai 8km à rattraper pour arriver où j'aurais du être la veille et j'y suis à midi et demi.
Je fais de la route et je croise beaucoup de monde.
Les automobilistes curieux de notre équipage, s'arrêtent
( et parfois même au milieu de la route!!!) pour nous prendre en photo et me demander d'où je viens.
Au hameau de Malataverne, je croise un couple avec un âne. En discutant, la dame me demande le nom de Marius et quand je lui dis, elle s'exclame : "Ah ! C'est vous, Marius...!!! Un ami m'a parlé de vous et j'ai visité votre blog !!! Mais c'était il y a déjà longtemps ! Vous continuez toujours, alors !!!" C'était drôle !
Ah!! la célébrité !!!!
Le hameau de Malataverne est sur la commune de Cendras, après un dénivelé de 200 m environ.
J' y arrive par une piste, mais je n'ai pas pris le bon chemin. Il faut que je sois moins distrait et plus vigilant sur les cartes car maintenant, les chemins sont moins bien balisés que sur le "Stevenson" !!!
On longe une petite rivière "Le Grave de Rieusset ", au bord de la route. Je finis par reprendre le bon chemin pour arriver au col de la Croix des Vents vers 14 h.
Je suis fatigué et j'ai envie de dormir... Peut-être le fait de m'être arrêté une journée...?
Heureusement, Christophe m'a donné de ses bons jus de fruits maison et ils me tiennent éveillé, surtout celui orange/citron.
Là, je me pose pour manger et Marius aussi. Arrivent deux cyclistes qui me saluent et l'un d'eux me dit : " Vous êtes le gars qui marche pour les enfants ? On s'est rencontré l'an dernier à l'entrée d'Alès et on a bu un café! Vous vous souvenez ? " Bien sur que je m'en souviens et mon blog en est témoin !!
C'est sympa les rencontres aujourd'hui !
Mais pendant que je cause avec eux, Marius en profite pour me piquer mon paquet de chips !!! Je le gronde très fort (!!!) et récupère la moitié restante !!!
Il y a là aussi des hommes qui font des repérages pour un rallye. C'est beaucoup moins sympa car ils roulent comme des dingues et j'ai la trouille de marcher le long de la route. Je fais 700m puis j'emprunte une toute petite route goudronnée qui m'emmène vers un hameau. J'ai repéré par là une piste sur la carte...je fais donc un détour pour la rejoindre, mais...elle est barrée : propriété privée !!! Que faire ? Je réfléchis un moment, puis je me décide à reprendre la route et hop, demi-tour !!!
Je peste contre les rallyes et contre les propriétés privées !!!
De retour sur la route, je vois deux voitures arrêtées. Je fais poliment un bonjour de la tête à ces messieurs et il y en a un qui se met à klaxonner. Comme je suis en colère contre eux, je ne me retourne pas. Mais comme il insiste, je finis par le regarder et il me fait signe que j'ai perdu mon tapis de sol !!!!
J'ai donc remercié et cesser de pester contre ces gens là et je me suis dit que j'avais des préjugés débiles.
Voilà! ça, c'est fait !!!
Je traverse "Les Salles du Gardon" un hameau qui fait partie de "La Grand Combe", regroupement de plusieurs hameaux.
A "La Grand Combe", on sent bien que ces lieux ont souffert de la fermeture des mines. Les rues sont désertes, les commerces abandonnés... Je repère une passerelle pour traverser le Gardon, mais...je ne peux pas passer car le bât de Marius est trop large. Je reprends donc une rue qui me conduit sur la place centrale de "La Grand Combe" : église, mairie, collège, tout est bien regroupé et charmant, mais l'herbe n'a pas droit de cité !!!
Arrive alors une nuée de jeunes et d'enfants qui veulent tous toucher Marius car la plupart n'ont jamais vu d'équidés. Ils découvrent !!! Nous prenons des photos et le père de l'un d'eux me fait un don de 5€.
Ah ! derrière l'église, il y a quand même un carré de pelouse et j'y attache Marius le temps de regarder la carte pour comprendre comment sortir de la ville.
A ce moment là, arrive un jeune homme. Il me dit qu'il est kabyle et que dans son pays d'origine, il y a des ânes et ça lui fait plaisir d'en voir un. Il m'invite à boire un verre de coca dans un bar associatif avec ses copains qui ont tous des souvenirs d'enfance à raconter à propos des ânes. Ils évoquent le temps où ils allaient chercher l'eau à dos d'âne, dans leurs villages natals. Ils sont tous assez jeunes et bien sympas...mais il faut que je trace !!!
Je repars et attaque une grimpette de 150 à 400 m de dénivelé, mais très raide ! Je traverse une cité pour rejoindre la piste direction Assenadou.
Après quelques kilomètres, sur la piste, je passe par un bois dans la forêt domaniale de l'Arboux.
Je vais poser ma tente dans ce bois de pins sylvestres, où je sens des parfums de genêts et d'acacias en fleurs.
Hier, j'ai eu un gentil message sur mon téléphone d'une des personnes de Montélimar rencontrées à Florac.
Elle s'inquiète de savoir si ce n'est pas trop difficile et si je suis à l'abri. Ce message m'a beaucoup touché et je la rappelle pour la rassurer.
Ce soir, il ne pleut pas et la journée a été belle.
Tout à l'heure, un animal sauvage, un gibier a fait bondir Marius, mais a disparu quand je suis sorti de la tente.
Une chouette essaie de m'effrayer, mais elle n'y parvient pas.
Je suis bien sous les pins. J'ai sommeil...Bonne nuit !
samedi 18 mai 2013
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| La tente avant la tempête |
Je me réveille souvent. Je me rendors...et puis, sur le matin, une grosse bourrasque emporte la tente.
Heureusement que mes bourrelets résistants à quinze jours de marche évitent le pire.
Je parviens à la maintenir avant qu'elle ne décolle complètement !!!
Réveil tumultueux donc !
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| La tente pendant la tempête |
Il accepte très gentiment et me propose même de rester à l'intérieur de leur maison et de passer la prochaine nuit dans la maison.
Je décide donc de rester là aujourd'hui et de m'accorder un jour de repos.
Je découvre donc une charmante petite famille, dont les quatre enfants très intéressés par Marius, ravis d'avoir un âne devant leur porte. Françoise et Christophe sont adorables. Lui connaît le plaisir de la marche et aussi ses petites misères : il a beaucoup voyagé à pied ou en vélo. Une passion qu'il a découverte il y a quelques années. Il est aussi accro aux jus de fruits ! On se comprend bien tous les deux : on a un peu le même regard sur la vie, les mêmes ressentis, la même perception du monde et ces choix ne sont pas très éloignés des miens, autant pour ce qui est de l'hygiène de vie que pour une certaine philosophie...
Marius, lui, reste toute la journée dans un pré herbeux près de l'épicerie multiservices du hameau. Il se régale.
Et les enfants lui font beaucoup de câlins...Nous sommes les stars de la journée, pour eux !!!
Je dis merci "au hasard" qui m'a permis de trouver la bonne porte au bon moment.
C'est une rencontre qui marquera ce périple !
Je vais pourtant "perdre" une journée sur le trajet. Nous avions déjà récupéré à Florac, où nous n'avions pas fait le repos prévu, la journée de retard prise sur le début du trajet.
Je n'ai plus de réserve de temps et je souhaite très fort que la météo ne m'oblige pas à trop ralentir car je dois rentrer à une date précise pour reprendre le boulot !!!
Ce soir, je dors dans une pièce de la maison, à l'abri et au sec.
J'ai rangé ma tente et mes affaires, attaché Marius près d'un auvent pour qu'il puisse se mettre à l'abri en cas de déluge !
Tout va bien et demain, j'espère le soleil.
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| La chambre de Marius |
vendredi 17 mai 2013
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| Marius et Modestine |
Ce matin, je m'attarde à dire au revoir aux randonneurs qui finissent le chemin de Stevenson à St Jean du Gard.
Presque tous, sauf quelques uns qui continuent jusqu'à Alès, notamment les "trois mousquetaires" (qui seraient même allés jusqu'à prendre le car pour 1 euro , vu la météo !! ) ... et Marius et votre serviteur qui ont encore un bon bout de route à faire pour rentrer !
Pour moi, je sais que c'est le retour qui commence ici, même s'il y a encore plein de choses et de lieux à découvrir.
Je dis aussi au revoir aux hôtes du gîte qui m'offrent 30€ pour l'association. Aujourd'hui, je dois être à 150 € de dons. Evelyne et Michel sont très généreux : ils m'ont aussi offert le séjour de Marius, permis de faire une lessive gratuitement, offert un café avant le départ...
Bon, je pars ! Il est 9h 30 et je suis à 1 km et demi du centre ville. Je rencontre deux randonneurs qui balisent les sentiers. Ils me demandent ce que je pense du balisage et je dis que c'est bien dans l'ensemble.
Une partie du chemin longe le Gardon. Une passerelle a même été construite pour le franchir : c'est un petit pont de bois avec des rambardes. C'est joli et pratique pour moi, mais pas pour Marius, car il y a une marche assez haute au départ et à l'arrivée, sur une toute petite distance. Alors Marius hésite...puis il franchit la marche d'un coup et part en courant ! Heu...il y a une autre marche à l'arrivée. Bon, ça va ! On est passé !
Ceux qui ont construit la passerelle ont bien pensé à la largeur car les sacoches ne touchent pas les rambardes, mais la marche...pour les animaux...C'est limite !!!
Le chemin est couvert de grandes herbes. Des randonneurs me disent que c'est de l'ambroisie. Je ne sais pas la reconnaître, mais je me dis que ce serait une bonne idée de mettre quelques moutons pour tondre par ici comme ça se fait ailleurs, dans la Drôme par exemple.
Au centre ville de St Jean du Gard, je vois la gare où Stevenson s'est arrêté. Fin du voyage ! Un petit train à vapeur, restauré à l'ancienne, promène les visiteurs de St Jean à Anduze en passant par la bambouseraie.
Je rencontre encore des randonneurs, et boit un café avec un couple qui me garde Marius pendant que je vais faire quelques courses car il y a encombrement dans la rue en raison d'une dame qui vient de faire un malaise cardiaque.
Je me rends à l'Office de Tourisme pour acheter une carte qui me manque, car, compte tenu de la météo, je cherche un autre sentier que celui prévu, qui passe par le haut d'une montagne.
Le temps est toujours très menaçant. Je me renseigne, je réfléchis et finalement je décide de prendre la route, par précaution.
Je reprends donc le même trajet que l'an dernier, qui commence par un peu de route goudronnée, puis un chemin dont je me méfie car Marius avait failli s'y casser une patte.
On avance sous de grosses averses maintenant. Je prends donc la route sur une vingtaine de kilomètres.
C'est une petite route, étroite, avec peu de circulation. Et les automobilistes sont prudents.
On avance tranquillement, en prenant de grosses averses régulièrement.
Le paysage est jalonné de petits hameaux, à flanc de vallons.
Avant d'arriver à St Paul de Lacoste, la pluie redouble d'intensité.
Je dépasse le village, puis devant ce déluge, je me ravise, fais demi-tour et retourne vers St Paul.
Je frappe à la première porte de la première maison que je vois pour demander où je peux poser ma tente.
Un monsieur, avec quatre jeunes enfants, m'ouvrent la porte. C'était la bonne porte !
Il m'offre un bout de terrain, un petit jardin bien vert pour planter la tente et restaurer Marius.
Il regrette d'avoir tondu l'herbe mais il en reste encore assez ! Et les fossés sont bien garnis !
Je monte ma tente sous la pluie et le vent et je vais essayer de dormir.
Je suis crevé !
jeudi 16 mai 2013
J'ai beaucoup de mal à quitter ce lieu tellement Isabelle et Christian sont gentils et leur accueil chaleureux !
Ils m'offrent le gîte de Marius et je serais bien resté encore un peu avec eux, mais la route nous attend !
Nous quittons le chemin de Stevenson pour celui du retour.
Nous partons vers 9h30 et il reste 3 km pour arriver à St Etienne Vallée Française. Là , je m'arrête pour boire un chocolat chaud et je rencontre quelques randonneurs déjà croisés dans les gîtes, dont Michel, celui qui a failli me donner un coup de bâton en me prenant pour un voleur !!!! Il voyage avec son frère et un ami et "radio bourricot" les appelle "les trois mousquetaires", car ils sont bons vivants et toujours prêts à plaisanter....
Je quitte le village en commençant par une petite montée fort sympathique ( ! ) pour atteindre le col St Pierre à 596 m.
D'abord, je prends un chemin qui grimpe entre deux massifs boisés, embaumé par les acacias en fleurs. Encore des châtaigniers, mais aussi des cerisiers garnis de toute petites cerises, et les premiers chênes verts.
Je me dis qu'on a quitté le "grand nord" et qu'on arrive dans le Sud, à cause de la végétation plus méditerranéenne. Un bout de route, puis un chemin avec des plaques de schiste nous attend.
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| plaques de schiste |
Marius essaie de marcher sur les zones de terre qui accrochent mieux aux sabots. Mais pour l'instant, il ne pleut pas quand nous arrivons au col de St Pierre, vers 14 h, après une petite pause déjeuner.
Après un peu de route, nous arrivons à une borne qui indique qu'on quitte la Lozère pour le Gard.
Vers 15h, je repars et il reste 7 km pour arriver à St Jean du Gard.
Connaissant le chemin, je savais que j'allais être un peu tendu !
Au début du chemin, il y a de grandes marches aménagées par l'homme, puis ce sont des marches naturelles composées par les plaques de schiste.
Et là, ça se corse. J'incite Marius à la prudence, surtout qu'il s'est remis à pleuvoir : faut poser les sabots au bon endroit ! Je le laisse prendre son temps et choisir le bon passage...quand je me rends compte que j'ai perdu mon drapeau !!!!!
J'attache alors Marius à un arbre, je laisse mon sac à ses côtés et je remonte les marches... Je trouve le drapeau accroché à un arbre...Trop concentré sur le sol je n'avais pas vu qu'il s'était pris dans une branche.
Et c'est reparti pour les plaques de schiste !!! Un bout de chemin de terre...et encore les plaques de schiste qui recommencent !
Dans un passage étroit entre deux rochers Marius reste coincé à cause de ses sacoches.
Je l'invite donc gentiment à reculer ( et c'est pas facile! ) et lorsqu'il est dégagé, nous contournons les rochers.
On ne s'ennuie pas !!!
On descend ensuite lentement vers un hameau, par un chemin de terre, puis nous arrivons sur une route goudronnée à environ 1 km et demi de St Jean du Gard, au gîte " Le pré de Modestine".
Donc au bout du voyage, en quelque sorte puisque notre périple s'appelle : "Sur les traces de Modestine".
Modestine, c'est aussi le nom de l'ânesse qui vit dans ce gîte : une copine que Marius a déjà rencontrée l'an dernier et qui semble très amoureuse de lui, car elle court vers lui dès notre arrivée. Evelyne, la propriétaire du gîte, me dit qu'elle ne l'a jamais vu courir comme ça !
Evelyne et Michel Verdier, qui gèrent ce gîte, sont des personnes adorables que j'ai plaisir à retrouver.
Ils me montrent les aménagements qu'ils ont réalisés dans l'année. Leur gîte est accueillant, très propre, décoré avec goût, et la table est appétissante !
Michel Verdier est un photographe qui a publié beaucoup d'ouvrages suite à ses voyages à travers le monde et qui a fait aussi de très belles photos des Cévennes.
On peut voir les photos qu'il a faites sur le voyage de Stevenson ici .
Une quinzaine de personnes logent au gîte aujourd'hui et il nous a préparé un "aligot", le plat du pèlerin, qui est une purée de pommes de terre à laquelle on rajoute de la tome fraîche.
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| Aligot 's party |
On rit de leurs fantasmes et ça fait du bien après une journée difficile ! Leur humour n'est pas du goût de tous, mais moi, je me suis bien amusé !
Et le plus drôle c'est que j'avais trouvé une paire de chaussettes sur le chemin...et qu'elle était à l'un des "indépendantistes du Haut Doubs" !!!!!
En me couchant, je me dis que j'ai vraiment passé de très bons moments dans ces deux derniers gîtes !
Je ne regrette pas d'y être retourné cette année, alors que souvent on est beaucoup moins emballé la deuxième fois. Là, ce n'est pas le cas et si je dois repasser par ici une troisième fois, je reviendrais chez ces gens magnifiques, qui savent accueillir. Je recommande aux randonneurs de s'y arrêter, sans réserve.
Des accueils comme ça valent vraiment le détour !
mercredi 15 mai 2013
Je quitte le gîte vers 9 h sous la pluie, mais sans orage.
Je ne sais pas où je vais m'arrêter, si je ferai 15 ou 25 km..on verra ! La météo n'est pas propice aux prévisions !
A partir de Cassagnas, on voit arriver le bout du chemin de Srevenson.
Pourquoi ? Je ne saurais le dire mais on se sent moins dépaysé.
Nous marchons, Marius, qui a repris un bon pas, et moi, à travers une forêt de pins, sur une grande piste forestière dans la forêt domaniale de Fontmort, où se trouvent des mégalithes.
Sur le chemin, malgré la pluie, nous rencontrons quelques randonneurs parmi lesquels un couple d'allemands avec qui je tente une discussion, avec mon anglais et leur français approximatifs. Etrange rencontre : l'homme est très grand, habillé en kaki, impressionnant !
Puis on emprunte l'ancienne route royale de Barre des Cévennes à St Germain de Calberte, zone de culture protestante où s'est déroulée la récolte des camisards. Un lieu s'appelle "Les ruines de la révolte"...
La route royale est bâtie à même la roche et fait penser à une voie romaine.
Stevenson raconte qu'il est descendu de nuit à St Germain de Calberte. Ici, je suis exactement dans ses pas, car rien n'a changé depuis le XVIIème siècle.
"Ce chemin a été percé au lendemain de la révocation de l'Edit de Nantes par l'intendant du Languedoc pour surveiller les protestants cévenols qu'il savait remuants et y faire circuler troupes et canons".
Nous sommes maintenant à la jonction du GR70 et du GR 7 et ce carrefour présente plusieurs bifurcations.
En contrebas, je vois un menhir, plus loin, une pierre plantée, c'est une stèle préhistorique.
Je prends un petit sentier transformé en piste en direction de Serre de La Can.
Il pleut toujours, encore et encore, et de plus en plus, quand j'arrive vers 16 h à St Germain de Calberte.
Il y a là un gîte qui accueille les ânes...mais il est complet !!!!
On trouve sous nos pieds de plus en plus de plaques de schiste qui sont très glissantes vu ce qu'il tombe...Prudence !!!
Je m'arrête pour me motiver et me requinquer avec un chocolat chaud et vers 16h30, après déjà 14km sous la pluie, je repars et Marius aussi sans rechigner, direction "St Etienne Vallée Française", à la limite du Gard.
Pour aller plus vite, comme le chemin passe par la départementale, je l'emprunte et au bout de 6km, je m'arrête au Mas de Stevenson, 3 km avant St Etienne Vallée Française. Je me souviens de ce gîte où je m'étais arrêté l'an dernier et je me souviens surtout de son accueil remarquable !!!
J'appelle, environ 300m avant d'arriver et quand on arrive, Christian, le propriétaire, s'est empressé de débroussailler et de poser l'enclos pour Marius !!!!!!
Isabelle et Christian sont très chaleureux : ils me montrent les travaux réalisés depuis l'an dernier et soignent Marius aux petits oignons. L'an passé, c'était leur premier âne de la saison...et bien, cette fois aussi et il est gâté!!!!
Je suis aussi le seul visiteur du jour il y a là le frère et la belle - soeur de Christian, des gens charmants.
Un bon poêle à bois me réchauffe et permet de faire sécher mes affaires.
Je recommande fortement ce gîte à tous les randonneurs !
mardi 14 mai 2013
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| On est prévenus !! |
Le camping a ouvert l'an dernier. C'est un petit camping à taille humaine et on s'y sent bien !
On lève le camp vers 10 h. On retraverse le Tarn et on fait quelques courses, Jaccotte est restée au camping.
Petite balade dans Florac, une très jolie ville et à midi Sylvain nous a rejoint avec le 4X4.
Nous avons mangé ensemble, puis Yohann et Babette sont partis.
En marchant dans la ville, je rencontre des personnes de Montélimar et du Teil qui connaissent l'association "Elisa"... Chouette rencontre!
Florac est au coeur du Parc National des Cévennes, sur le Tarnon et à l'entrée des gorges du Tarn.
On dit de Florac qu'elle est située "au carrefour de la pierre et de l'eau". La pierre pour le schiste, le granit et le calcaire et l'eau parce que au confluent de quatre cours d'eau.
L'épisode le plus marquant de cette ville reste néanmoins la guerre des camisards de 1702 à 1705, où Florac devra loger les dragons de Louis XIV venus réprimer la rébellion cévenole.
Me voilà donc à nouveau promeneur solitaire avec Marius et nous quittons Florac tous les deux en début d'après midi.
En descendant de Florac, on sent le sud : odeurs de thym, de pins, on entend les grillons et nous traversons notre première châtaigneraie.
Nous sommes bien dans les Cévennes et le paysage a encore changé !!!
Nous marchons en direction de la gare de Cassagnas.
Stevenson y est passé alors qu'elle était en construction et aujourd'hui, elle n'existe plus.
Je quitte la ville : un peu de goudron avant de retrouver un chemin de sous bois très sympa.
On trouve pas mal de rivières tout au long du sentier (encore de l'eau pour Marius!!!).
Le chemin longe la N106 et la Mimente ( c'est une rivière!). C'est un très beau sentier dans une châtaigneraie!
C'est bizarre d'être seul ... surtout pour Marius qui a l'air un peu perdu et qui se retourne souvent comme s'il cherchait sa copine Jaccotte. Je ne le sens pas très motivé pour marcher, il est déstabilisé, on dirait...
Nous arrivons, après 9 km, à St Julien d' Arpaon, et suivons l'ancienne voie de chemin de fer qui traverse le Parc National des Cévennes. C'est un peu monotone, mais je découvre les beaux ouvrages de l'époque comme savait si bien les faire la SNCF et qui sont toujours en bon état.
Le chemin est truffé de cascades, avec une rivière en contrebas, nous passons des tunnels ( Marius n'est pas très rassuré!) et il doit y avoir du gibier dans le coin car il est toujours aux aguets.
L'ancienne gare de Cassagnas est aujourd'hui un gîte où nous arrivons vers 21h.
J'aime cet endroit ! J'imagine Stevenson arrivant là pendant le chantier !
Je suis bien reçu, mais Marius un peu moins : un peu de paille et de l'eau stagnante pour 5 € !
Une anecdote quand même : je pose mes affaires sur un lit dans le gîte pour ne pas réveiller les gens qui dormaient déjà et je repars manger un peu. En revenant, je suis interpellé par un gars du gîte qui croyait que je piquais les affaires de quelqu'un !!! On en a bien ri : il ne m'avait pas reconnu sans mon chapeau !
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Notre action depuis 2011
Le parcours
Samedi 4 mai (Jour 1) : Le Puy en Velay - Coubon - L'Herm (14 km)
Dimanche 5 mai (Jour 2) : L'Herm - Le Monastier sur Gazeille - Goudet (14,5 km)
Lundi 6 mai (Jour 3) : Goudet - Le Bouchet Saint Nicolas - (11 km)
Mardi 7 mai (Jour 4) : Le Bouchet - Landos - Pradelles (19.5 km)
Mercredi 8 mai (Jour 5) : Pradelles - Langogne - Le Cheylard L'Evêque (21 km)
Jeudi 9 mai (Jour 6) : Le Cheylard L'Evêque - La Bastide-Puylaurent (19km)
Vendredi 10 mai (Jour 7) : La Bastide-Puylaurent - Les Alpiers / Le Bleymard (26km)
Samedi 11 mai (Jour 8) : Les Alpiers (Le Bleymard)- Le Pont de Montvert (20 km)
Dimanche 12 mai (Jour 9) : Le Pont de Montvert - Florac (28 km)
Lundi 13 mai (Jour 10) : REPOS
Mardi 14 mai (Jour 11) : Florac - Cassagnas 16 km
Mercredi 15 mai (Jour 12) : Cassagnas - St Germain de Calberte - Saint Etienne Vallée Française 23,5 km
Jeudi 16 mai (Jour 13) : Saint Etienne Vallée Française - St Jean du Gard 11,5 km
Vendredi 17 mai (Jour 14) : St Jean du Gard - Malataverne 23 km
Samedi 18 mai (Jour 15) : Malataverne - La Grande Combe - L'Affenadou 21 km
Dimanche 19 mai (Jour 16) : L'Affenadou - Bessèges 22.7 km
Lundi 20 mai (Jour 17) : Bessèges - Banne - Berrias - Comps 24 km
Mardi 21 mai (Jour 18): Comps - Vallon-Pont-d'Arc : 16,5 km
Mercredi 22 mai (Jour 19) : Vallon-Pont-d'Arc - Bidon 24 km
Jeudi 23 mai (Jour 20) : Bidon - Saint-Martin-d'Ardèche - Saint-Marcel-d'Ardèche 24,5
Vendredi 24 mai (Jour 21) : Saint-Marcel-d'Ardèche - Bourg Saint-Andéol - Saint-Paul-Trois-Châteaux 18,5 km
Samedi 25 mai (Jour 22) : Saint-Paul-Trois-Châteaux - Visan 22,5 km
Dimanche 26 mai (Jour 23) : Visan -Rousset les Vignes 21,5 km
Dimanche 5 mai (Jour 2) : L'Herm - Le Monastier sur Gazeille - Goudet (14,5 km)
Lundi 6 mai (Jour 3) : Goudet - Le Bouchet Saint Nicolas - (11 km)
Mardi 7 mai (Jour 4) : Le Bouchet - Landos - Pradelles (19.5 km)
Mercredi 8 mai (Jour 5) : Pradelles - Langogne - Le Cheylard L'Evêque (21 km)
Jeudi 9 mai (Jour 6) : Le Cheylard L'Evêque - La Bastide-Puylaurent (19km)
Vendredi 10 mai (Jour 7) : La Bastide-Puylaurent - Les Alpiers / Le Bleymard (26km)
Samedi 11 mai (Jour 8) : Les Alpiers (Le Bleymard)- Le Pont de Montvert (20 km)
Dimanche 12 mai (Jour 9) : Le Pont de Montvert - Florac (28 km)
Lundi 13 mai (Jour 10) : REPOS
Mardi 14 mai (Jour 11) : Florac - Cassagnas 16 km
Mercredi 15 mai (Jour 12) : Cassagnas - St Germain de Calberte - Saint Etienne Vallée Française 23,5 km
Jeudi 16 mai (Jour 13) : Saint Etienne Vallée Française - St Jean du Gard 11,5 km
Vendredi 17 mai (Jour 14) : St Jean du Gard - Malataverne 23 km
Samedi 18 mai (Jour 15) : Malataverne - La Grande Combe - L'Affenadou 21 km
Dimanche 19 mai (Jour 16) : L'Affenadou - Bessèges 22.7 km
Lundi 20 mai (Jour 17) : Bessèges - Banne - Berrias - Comps 24 km
Mardi 21 mai (Jour 18): Comps - Vallon-Pont-d'Arc : 16,5 km
Mercredi 22 mai (Jour 19) : Vallon-Pont-d'Arc - Bidon 24 km
Jeudi 23 mai (Jour 20) : Bidon - Saint-Martin-d'Ardèche - Saint-Marcel-d'Ardèche 24,5
Vendredi 24 mai (Jour 21) : Saint-Marcel-d'Ardèche - Bourg Saint-Andéol - Saint-Paul-Trois-Châteaux 18,5 km
Samedi 25 mai (Jour 22) : Saint-Paul-Trois-Châteaux - Visan 22,5 km
Dimanche 26 mai (Jour 23) : Visan -Rousset les Vignes 21,5 km
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- Jour 6/Jeudi 9 mai / De l' ascension au monastère !
- Jour 5/Mercredi 8 mai/ Changement de décor !
- Jour 4/mardi 7 mai/ L'ombre de la Bête....
- Jour 3/Lundi 6 mai / Arrêt aux stands pour Tonnerr...
- Jour 2/ dimanche 5 mai/ Premières grimpettes
- Jour1/ samedi 4 mai : En route pour la joie !!!
- Jour 0/ Prologue
- C'est dans La Tribune de cette semaine !
- J-1 ... On n'a jamais été aussi près du départ !
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